Interview de Nicolas Torres, préventeur sécurité au profit du port autonome de Pointe-Noire (PAPN), au Congo Brazzaville

0
183
Nicolas Torres préventeur PAPN

Le projet WECAPS s’inscrit dans une démarche d’accompagnement des autorités du PAPN dans le domaine de la sécurité. Signe fort de cet engagement, il a été décidé la mise en place d’un préventeur-formateur, Nicolas Torres, sapeur-pompier professionnel et formateur pour une période de plusieurs mois. Il répond aux questions de Marion Piccio, experte communication du projet.

Nicolas bonjour et bienvenu dans le projet WeCAPS. Vous êtes le nouvel expert sécurité « préventeur-formateur » dans le Port Autonome de Pointe-Noire (PAPN) au Congo-Brazzaville. Est-ce que vous pouvez nous en dire plus sur votre carrière et ce qui vous a poussé à travailler pour le projet WeCAPS ?

J’ai une expérience professionnelle qui est un peu particulière dans le sens où j’ai évolué dans différents domaines de la sécurité civile. Sapeur-pompier volontaire dans un premier temps, j’ai effectué par la suite deux ans en tant que pompier militaire où j’ai passé mes qualifications de formateur. A l’issu de ces deux ans j’ai continué à être SP volontaire et je suis devenu président d’un comité départemental de secouristes. En parallèle j’ai continué à assurer des formations dans le milieu des SP et j’ai trouvé en emploi en tant que formateur technico-commercial dans une des plus grandes société sécurité incendie de Paris. A 27 ans j’ai passé le concours de SP professionnel que j’ai obtenu. Pour parler de ma carrière en deux mots je dirai simplement que je suis l’héritier d’un système de sécurité civile français qui, par son ancienneté et sa performance, reste une référence internationale. J’ai bénéficié comme beaucoup de mes collègues de ce milieu d’un parcours solide et d’une pratique opérationnelle quasi constante, sur lesquels j’ai pu m’appuyer dans la continuité de mes missions. Le projet WeCAPS, qui vise à renforcer la sécurité des ports d’Afrique de l’Ouest et du Centre, s’inscrit donc tout naturellement dans la suite de mon parcours professionnel puisqu’il me permet à la fois de continuer d’être au contact des gens, de les former, les conseiller, tout en étant sur le terrain.

Vous avez effectué de nombreuses missions de formation à l’internationale et notamment en Afrique. Dans quel cadre avez-vous effectué ces missions et quelles étaient vos motivations ?

A la fin de mon cursus militaire, au début des années 2000, j’ai réalisé des actions de formation bénévoles, notamment en Polynésie. J’ai également apporté un soutien humanitaire dans des dispensaires en Afrique de l’Est lors de voyages au Kenya et en Tanzanie.  A partir de 2010 j’ai participé activement au projet européen, APCA – appui à la protection civile africaine. Je suis donc intervenu au Niger, au Bénin, au Sénégal et au Togo. Je me suis également beaucoup investit dans le projet d’extension et de modernisation de la protection civile ivoirienne. J’ai commencé par former les pompiers militaires du GSPM et rapidement a été créé le premier corps civil de SP d’Afrique de l’Ouest. J’ai passé plusieurs mois en Côte d’Ivoire où j’ai participé très activement au projet. C’était un travail très prenant et passionnant, j’ai même posé une disponibilité au niveau de mon département pour pouvoir rester un peu plus longtemps car il restait encore beaucoup de choses à gérer sur place. C’est vraiment à partir de ce moment-là que j’ai intégré une dimension internationale à une phrase que citait souvent l’un de mes instructeurs « s’il y’a des vies qui vous sont chères, pour nous les pompiers, elles le sont toutes ». J’ai donc cherché à continuer à partager mes compétences de formateur à l’étranger.

Avec WeCAPS, vous allez travailler pour le port autonome de Pointe-Noire (PAPN) au Congo Brazzaville. Quelle est votre mission et quelles sont les actions que vous allez mener sur place dans le cadre du projet ?

J’ai été positionné comme expert polyvalent avec pour objectif principal d’apporter un appui technique aux autorités portuaires du Port Autonome de Pointe Noire. À ce titre, j’ai été nommé conseiller du Commandant du Port. Fort de mon expérience opérationnelle et formative, je vais apporter une expertise dans le domaine de la prévention, de la prévision (plans d’urgence) et de la formation des personnels sur tous les aspects liés à la sécurité portuaire. Ma mission au sein du port c’est donc d’apporter un appui technique sur des actions de prévention, des procédures opérationnelles et sur les plans d’urgence, un soutien sur le volet NRBC, sur la pollution et d’assurer un rôle de formateur en parallèle puisque je vais participer activement aux formations et je serai soutenu pour ce faire par les formateurs de l’association BMPMonde. J’ai, en parallèle et toujours dans le cadre du projet WeCAPS, également déjà entamé un travail sur le Port Autonome de Lomé. J’ai réalisé une mission d’étude d’analyse des risques complémentaires avec l’équipe NRBC dans le cadre de l’étude d’analyse des risques globale du port par le projet. Je dois également me rendre, dans le courant du 1er trimestre 2022, dans le port autonome de Brazzaville et ports secondaire afin de voir de quelle façon je peux leur apporter mon soutien dans le domaine de la sécurité.

——————————————————————————————————

Compte tenu des enjeux sécuritaires croissant dans le Golfe de Guinée, l’Union européenne, à travers le projet européen WeCAPS mis en œuvre par Expertise France, a fait le choix d’envoyer sur place un expert de terrain expérimenté pour accompagner pendant un an les autorités du Port Autonome de Pointe-Noire afin de relever les nouveaux défis liés à la sécurité. Ses missions en tant que « préventeur sécurité au profit des autorités portuaires du port de Pointe-Noire » s’inscrivent dans l’accompagnement de mise en œuvre des actions de protection civile du projet au profit des acteurs portuaires du Congo Brazzaville

Article précédentFIN DES TRAVAUX DU 41ème CONSEIL DE L’ASSOCIATION DE GESTION DES PORTS DE L’AFRIQUE DE L’OUEST ET DU CENTRE (AGPAOC)
Article suivantProjet WeCAPS Formation au Code ISPS de 25 auditeurs du PAA et de la DGAMP